
Rupture conventionnelle à 60 ans en 2026 : chômage, indemnité et impact
Rupture conventionnelle à 60 ans en 2026 : droits au chômage après la réforme du 1er septembre, calcul de l'indemnité, fiscalité et stratégie retraite.

Oui, la rupture conventionnelle à 60 ans est possible en 2026 pour un salarié en CDI n'ayant pas liquidé sa pension de retraite à taux plein. La réforme du 1er septembre 2026 ne change pas ce droit, mais réduit la durée maximale d'indemnisation chômage (ARE) pour les 57 ans et plus.
Signer une rupture conventionnelle à 60 ans en 2026 est tout à fait possible et reste une option pour de nombreux salariés en fin de carrière. Cependant, la réforme de l'assurance chômage applicable au 1er septembre 2026 modifie en profondeur les perspectives d'indemnisation et impose une vigilance accrue. Ce guide complet décrypte les nouvelles règles sur le chômage, les méthodes de calcul de votre indemnité, les pièges fiscaux à éviter et les stratégies pour articuler au mieux cette transition avec votre future retraite. Comprendre ces changements est essentiel pour prendre une décision éclairée et sécuriser votre parcours.
Rupture conventionnelle à 60 ans : est-ce possible en 2026 ?
Oui, un salarié du secteur privé en contrat à durée indéterminée (CDI) peut tout à fait conclure une rupture conventionnelle à 60 ans en 2026. L'âge n'est pas un obstacle légal, à condition que le consentement du salarié soit libre et éclairé. Ce mode de rupture amiable du contrat de travail reste une voie privilégiée pour organiser un départ négocié avant la retraite.
Pour comprendre plus en détail le cadre de ce mode de rupture, consultez notre article sur la rupture conventionnelle : définition et procédure 2026.
La viabilité de cette démarche repose sur deux conditions fondamentales. Premièrement, le salarié ne doit pas être en situation de liquider sa pension de retraite de base à taux plein. S'il remplit les conditions (âge et nombre de trimestres) pour une retraite à taux plein, la rupture conventionnelle pourrait être requalifiée en mise à la retraite déguisée, avec des conséquences financières et juridiques. Deuxièmement, l'accord doit résulter d'une volonté commune et non d'une pression de l'employeur. La jurisprudence est constante sur la nécessité d'un consentement mutuel et non vicié. Avant d'initier toute démarche, il est donc crucial de vérifier son relevé de carrière actualisé pour connaître précisément sa situation vis-à-vis de la retraite.
Conditions pour signer une rupture conventionnelle à 60 ans
Pour qu'une rupture conventionnelle soit valide à 60 ans, comme à tout autre âge, plusieurs conditions cumulatives doivent être respectées :
- Être en CDI : La rupture conventionnelle est réservée aux salariés titulaires d'un Contrat à Durée Indéterminée dans le secteur privé.
- Commun accord des parties : L'employeur et le salarié doivent tous deux consentir à la rupture et à ses modalités. Ce n'est ni une démission, ni un licenciement.
- Absence de droit à une retraite à taux plein : C'est le point de vigilance majeur pour un senior. Si le salarié peut liquider sa retraite de base à taux plein, il ne peut plus bénéficier de l'exonération d'impôt sur le revenu pour son indemnité. La rupture reste possible, mais son intérêt fiscal est annulé.
- Respect de la procédure légale : L'organisation d'entretiens, la signature d'une convention et son homologation par la DREETS sont des étapes obligatoires.
Cas des salariés en carrière longue ou cumul emploi-retraite
Le cas des salariés ayant commencé à travailler jeune et relevant du dispositif "carrière longue" mérite une attention particulière. Un salarié de 60 ans en carrière longue peut déjà avoir accumulé les trimestres nécessaires pour une retraite à taux plein. Dans ce cas, il perd le bénéfice des exonérations fiscales sur son indemnité de rupture. La rupture conventionnelle reste légale, mais moins attractive financièrement. La stratégie consiste souvent à négocier une indemnité supra-légale pour compenser la charge fiscale.
Concernant le cumul emploi-retraite, la situation est différente. Un salarié ayant déjà liquidé ses droits à la retraite et repris une activité peut signer une rupture conventionnelle. Cependant, cette rupture n'ouvrira pas de nouveaux droits aux allocations chômage. L'intérêt principal sera alors de percevoir une indemnité de départ négociée.
Procédure rupture conventionnelle en 2026 : les étapes à 60 ans
Même à 60 ans, la procédure de rupture conventionnelle suit un formalisme strict, identique pour tous les salariés. L'enjeu principal à cet âge est de bien anticiper les délais pour que la date de rupture effective du contrat de travail se situe idéalement avant la date d'ouverture possible des droits à la retraite à taux plein, afin de préserver les avantages fiscaux.
L'anticipation est la clé. Le processus complet, de la première discussion à la rupture effective du contrat, dure en moyenne entre 45 et 60 jours. Il faut donc intégrer ce délai dans son planning de départ, en coordination avec les démarches auprès de l'Assurance retraite. Une bonne coordination évite de se retrouver dans une situation où les droits à la retraite sont ouverts avant la fin du contrat, avec toutes les conséquences fiscales que cela implique. Pour une analyse détaillée des étapes, vous pouvez consulter notre guide sur la procédure complète de rupture conventionnelle en 2026.
Les étapes obligatoires de la procédure
La procédure se déroule en plusieurs phases incompressibles, garantissant la protection des deux parties :
- Le ou les entretiens préalables : C'est une étape obligatoire où employeur et salarié négocient les termes de la rupture : date de départ, montant de l'indemnité spécifique, etc. Le salarié peut se faire assister.
- La signature de la convention : Un document formalise l'accord. Il doit mentionner le montant de l'indemnité de rupture et la date de fin du contrat, qui doit être fixée au plus tôt au lendemain du jour de l'homologation.
- Le délai de rétractation : À compter du lendemain de la signature de la convention, un délai de 15 jours calendaires s'ouvre. Durant cette période, le salarié comme l'employeur peuvent revenir sur leur décision par lettre recommandée.
- L'homologation par la DREETS : À l'issue du délai de rétractation, la partie la plus diligente envoie la convention à la Direction régionale de l'économie, de l'emploi, du travail et des solidarités (DREETS) via le téléservice TéléRC. L'administration dispose de 15 jours ouvrables pour vérifier la validité de l'accord. Son silence vaut acceptation.
Délais et homologation : ce qui ne change pas en 2026
La réforme de l'assurance chômage de 2026 ne modifie en rien la procédure de rupture conventionnelle elle-même. Les délais légaux restent inchangés et sont d'ordre public.
- Le délai de rétractation de 15 jours calendaires est incompressible. Il commence au lendemain de la date de signature de la convention.
- Le délai d'instruction de la DREETS de 15 jours ouvrables (tous les jours de la semaine sauf le dimanche et les jours fériés) demeure la norme. Il démarre au lendemain de la réception de la demande d'homologation.
Il est donc crucial de ne pas sous-estimer cette durée totale d'environ 5 à 6 semaines minimum entre la signature et la rupture effective du contrat. Tout projet de rupture conventionnelle à l'approche de l'âge de la retraite doit intégrer cette contrainte de calendrier pour être optimisé.
Calcul de l'indemnité de rupture conventionnelle après 60 ans
Le montant de l'indemnité de rupture conventionnelle est un point central de la négociation, particulièrement pour un salarié de 60 ans avec une longue ancienneté. Ce montant ne peut jamais être inférieur à l'indemnité légale de licenciement. La loi fixe un plancher, mais rien n'interdit à l'employeur et au salarié de s'accorder sur une somme plus élevée, appelée indemnité supra-légale.
Cette négociation est stratégique. Pour le salarié, il s'agit de valoriser son expérience et ses années de service. Pour l'employeur, une indemnité attractive peut faciliter un accord et éviter un éventuel contentieux. Les conventions collectives de branche prévoient souvent des barèmes plus avantageux que la loi ; il est impératif de les consulter avant toute discussion. Notre outil vous aide à calculer le montant de votre indemnité de rupture conventionnelle pour préparer au mieux votre négociation.
Le barème légal applicable en 2026
Le Code du travail (articles L. 1237-13 et R. 1234-2) fixe le calcul minimum de l'indemnité. Selon les données de praticiens (village-justice.com, 2026), la formule en vigueur en 2026 reste :
- 1/4 de mois de salaire brut par année d'ancienneté pour les 10 premières années.
- 1/3 de mois de salaire brut par année d'ancienneté au-delà de la 10ème année.
Le salaire de référence à prendre en compte est le plus avantageux pour le salarié entre la moyenne des 12 derniers mois ou celle des 3 derniers mois précédant la signature de la convention. Les primes et gratifications exceptionnelles ou annuelles sont incluses au prorata. Pour les années incomplètes, l'indemnité est calculée au prorata du nombre de mois complets.
Cas pratique chiffré : calcul pour 22 ans d'ancienneté
Prenons le cas concret d'un salarié de 60 ans avec 22 ans d'ancienneté et un salaire de référence de 3 500 € brut par mois.
Calcul pour les 10 premières années :
- (3 500 € / 4) x 10 ans = 8 750 €
Calcul pour les 12 années suivantes (de la 11ème à la 22ème) :
- (3 500 € / 3) x 12 ans = 14 000 €
Total de l'indemnité légale minimum :
- 8 750 € + 14 000 € = 22 750 €
Ce montant de 22 750 € est le strict minimum que l'employeur doit verser. Toute négociation pour une indemnité supra-légale se fera sur la base de ce plancher. C'est un argument de poids dans la discussion avec l'employeur, qui peut être plus enclin à un accord amiable qu'à un licenciement ou rupture conventionnelle : que choisir à l'approche de la retraite.
Les erreurs de calcul les plus fréquentes à éviter
Le calcul de l'indemnité, bien que basé sur une formule simple, peut comporter des pièges. D'après les juristes (village-justice.com, 2026), certaines erreurs reviennent fréquemment et peuvent fragiliser l'accord ou léser le salarié :
- Oublier la convention collective : Beaucoup de conventions (Syntec, métallurgie, etc.) prévoient des indemnités conventionnelles de licenciement supérieures au minimum légal. C'est ce montant plus favorable qui doit servir de plancher.
- Mauvais calcul du salaire de référence : Omettre des primes, des bonus ou des avantages en nature (voiture de fonction) dans la moyenne des 3 ou 12 derniers mois.
- Erreur sur le décompte de l'ancienneté : Ne pas prendre en compte la durée totale depuis l'entrée dans l'entreprise, y compris d'éventuels contrats antérieurs (CDD, apprentissage) s'ils se sont succédé sans interruption majeure.
- Absence de proratisation pour les années incomplètes : L'indemnité doit être calculée en incluant les mois complets de la dernière année.
- Confusion entre brut et net : Tous les calculs se basent sur le salaire brut.
Fiscalité de l'indemnité à 60 ans : exonérations et limites
La fiscalité de l'indemnité de rupture conventionnelle est un enjeu majeur pour un salarié de 60 ans. Le régime d'exonération est conçu pour accompagner une transition professionnelle, pas pour financer un départ en retraite. La règle est donc directement liée à la situation du salarié vis-à-vis de ses droits à pension.
L'indemnité est exonérée d'impôt sur le revenu dans la limite du plus élevé des trois montants suivants :
- Le montant de l'indemnité légale ou conventionnelle.
- Deux fois le montant de la rémunération annuelle brute de l'année précédente (plafonné à 288 360 € en 2026, soit 6 fois le Plafond Annuel de la Sécurité Sociale).
- 50% du montant total de l'indemnité versée (plafonné aussi à 6 PASS).
Concernant les cotisations sociales (CSG/CRDS), la part de l'indemnité qui n'est pas assujettie à cotisations sociales est exonérée de CSG-CRDS dans la limite du montant de l'indemnité légale ou conventionnelle, sans que la somme exonérée puisse dépasser 2 PASS (soit 96 120 € en 2026). Tout cela est conditionné au fait de ne pas pouvoir prendre sa retraite à taux plein.
Exonération d'impôt sur le revenu : la condition clé
La condition sine qua non pour bénéficier des exonérations fiscales et sociales est simple : le salarié ne doit pas être en droit de bénéficier d'une pension de retraite d'un régime légalement obligatoire. Autrement dit, au moment de la rupture de son contrat, il ne doit pas remplir les conditions (âge et trimestres) pour une retraite à taux plein.
Si cette condition est remplie, les exonérations s'appliquent. Si elle ne l'est pas (cas d'un salarié en carrière longue ayant tous ses trimestres), l'indemnité est intégralement soumise à l'impôt sur le revenu et aux cotisations sociales (CSG/CRDS) dès le premier euro. Cette règle vise à éviter que la rupture conventionnelle ne devienne un outil d'optimisation de fin de carrière pour des salariés pouvant déjà partir à la retraite dans des conditions optimales. Il est donc impératif de se rapprocher de l'Assurance retraite pour obtenir une attestation de sa situation avant de signer la convention.
Piège à éviter : signer après avoir liquidé sa pension
⚠️ Attention : L'erreur la plus coûteuse est de signer une rupture conventionnelle dont la date d'effet est postérieure à la date à laquelle vous avez liquidé vos droits à la retraite.
Si vous demandez la liquidation de votre pension de retraite et que celle-ci prend effet avant la fin de votre contrat de travail, vous perdez la totalité des avantages. L'indemnité de rupture conventionnelle sera alors considérée comme un complément de salaire et sera entièrement soumise à l'impôt sur le revenu et aux cotisations sociales.
Prenons un cas concret : un salarié signe une rupture le 15 septembre pour une fin de contrat au 30 novembre. S'il liquide sa retraite au 1er novembre, l'indemnité versée le 30 novembre sera intégralement fiscalisée. C'est un piège qui peut coûter plusieurs milliers d'euros d'impôts et de charges. La chronologie des démarches est donc absolument fondamentale.
Chômage après rupture conventionnelle à 60 ans : la réforme du 1er septembre 2026
C'est le changement majeur de l'année. La loi transposant l'avenant n°3 du 25 février 2026, applicable à toutes les ruptures conventionnelles dont le contrat prend fin à partir du 1er septembre 2026, vient réduire la durée maximale d'indemnisation par France Travail (ex-Pôle Emploi). Cette réforme a un impact direct et significatif sur la stratégie des salariés de plus de 60 ans qui comptaient sur le chômage pour faire la jonction jusqu'à leur retraite à taux plein.
Le principe de la réforme est de durcir les conditions d'accès et de maintien des droits à l'Allocation d'Aide au Retour à l'Emploi (ARE). Pour les seniors, qui bénéficiaient jusqu'à présent d'une durée d'indemnisation allongée, la réduction est particulièrement sensible. L'objectif affiché par le gouvernement est d'inciter au retour à l'emploi et de réduire les dépenses de l'assurance chômage. Cette mesure change la donne pour l'organisation des fins de carrière et rend l'anticipation encore plus cruciale. Vous pouvez retrouver le détail des toutes les nouvelles durées issues de la réforme 2026.
Cette réforme impacte fortement les stratégies, notamment pour les indemnités pour rupture conventionnelle destinées aux seniors.
Ce que change l'avenant n°3 du 25 février 2026
L'avenant n°3 du 25 février 2026, validé par la loi du 2 juin 2026, modifie le protocole d'accord du 10 novembre 2023 relatif à l'assurance chômage. Pour les ruptures conventionnelles, il instaure une durée d'indemnisation maximale spécifique, qui est inférieure à celle applicable pour les autres motifs de perte d'emploi comme le licenciement économique.
Cette réforme vise spécifiquement les seniors en supprimant la "filière senior" qui permettait une indemnisation plus longue. Désormais, le plafond est uniformisé à la baisse. La mesure entre en vigueur pour toute fin de contrat intervenant au 1er septembre 2026 (service-public.fr, 2026). Une rupture signée en août mais dont le contrat se termine en septembre sera donc soumise aux nouvelles règles. C'est la date de fin de contrat qui compte, pas la date de signature.
Tableau comparatif des durées ARE avant et après la réforme
Voici un résumé de l'évolution des durées maximales d'indemnisation chômage (ARE) suite à une rupture conventionnelle, avant et après la réforme du 1er septembre 2026.
| Tranche d'âge du salarié | Durée maximale d'ARE (avant le 01/09/2026) | Durée maximale d'ARE (après le 01/09/2026) | Source (année) |
|---|---|---|---|
| Moins de 55 ans | 18 mois (548 jours) | 15 mois (457 jours) | village-justice.com (2026) |
| 55 et 56 ans | 22,5 mois (685 jours) | 20,5 mois (624 jours) | altis-conseil.fr (2026) |
| 57 ans et plus | 27 mois (822 jours) | 20,5 mois (624 jours) | altis-conseil.fr (2026) |
Le plafond global pour l'ensemble des salariés est donc ramené à 20,5 mois (bonjoursenior.fr, 2026), ce qui représente la plus forte baisse pour la tranche des 57 ans et plus.
Impact spécifique pour les 57 ans et plus
Les salariés de 57 ans et plus sont les plus affectés par la réforme. Leur durée maximale d'indemnisation chute de 27 mois à 20,5 mois, soit une perte de 6,5 mois de droits. Cette réduction significative complique la "jonction" jusqu'à l'âge de la retraite à taux plein, qui se situe souvent autour de 64 ans.
Le texte prévoit une possibilité de "prolongation" pour cette tranche d'âge, mais ses conditions d'application sont strictes et appréciées au cas par cas par France Travail. Elle ne sera pas automatique. Les critères devraient inclure l'assiduité dans la recherche d'emploi et la participation à des formations. Cette incertitude oblige les salariés concernés à revoir leur stratégie de fin de carrière, en envisageant potentiellement une reprise d'activité ou en négociant une indemnité de départ plus conséquente pour compenser la perte de revenus futurs.
Nouvelle loi rupture conventionnelle 2026 : ce qui ne change pas pour les 60 ans
Face à l'ampleur de la réforme sur l'assurance chômage, une certaine confusion a pu naître. Il est essentiel de clarifier ce qui ne change pas pour les salariés de 60 ans qui envisagent une rupture conventionnelle en 2026. Le principe même de ce mode de rupture n'est pas remis en cause.
Comme le rappelle le média Village de la Justice (2026), "la réforme ne supprime pas le droit au chômage, elle modifie la durée maximale". C'est un point capital. La rupture conventionnelle reste une cause légitime de privation d'emploi ouvrant droit à l'ARE. L'accès au dispositif, le calcul de l'indemnité de rupture et la procédure d'homologation ne sont pas impactés. La rupture conventionnelle demeure un outil de gestion de fin de carrière, mais ses conséquences en matière d'indemnisation chômage doivent être réévaluées à l'aune des nouvelles règles. La négociation avec l'employeur sur le montant de l'indemnité supra-légale prend donc une importance encore plus grande. Il est donc utile de se renseigner sur les changements clés de la rupture conventionnelle en 2026.
Pour avoir une vision complète des changements, il est également utile de se pencher sur la nouvelle loi rupture conventionnelle 2026 et le chômage.
Stratégie ARE-retraite à 60 ans : comment séquencer après une rupture conventionnelle ?
Avec la réduction de la durée d'indemnisation chômage, la stratégie de fin de carrière après une rupture conventionnelle à 60 ans doit être plus fine. Il ne s'agit plus seulement de "tenir" jusqu'à l'âge légal de la retraite, mais de construire un parcours optimisé pour atteindre un taux plein sans subir de décote.
L'articulation entre la perception de l'ARE et la liquidation de la pension devient un exercice de haute précision. La période de chômage indemnisé permet de valider des trimestres pour la retraite (un trimestre validé pour 50 jours d'indemnisation, dans la limite de 4 par an), ce qui est un avantage considérable. La stratégie consiste donc à utiliser au mieux cette période de droits pour compléter une carrière et atteindre le nombre de trimestres requis pour un taux plein, tout en compensant la baisse de revenus par une indemnité de rupture bien négociée. Chaque situation étant unique, une consultation avec un conseiller retraite est fortement recommandée.
Optimiser le calcul de votre rupture conventionnelle 2026 est essentiel pour sécuriser cette période de transition.
Vérifier son relevé de carrière avant de signer
💡 À noter : Avant même d'évoquer le sujet d'une rupture conventionnelle avec votre employeur, la première étape indispensable est de demander votre relevé de carrière actualisé.
Ce document, disponible sur le site de l'Assurance retraite, est votre feuille de route. Il récapitule l'ensemble des trimestres que vous avez cotisés et validés tout au long de votre parcours professionnel. L'analyser vous permettra de savoir précisément où vous en êtes : combien de trimestres vous manquent pour atteindre le taux plein, à quelle date exacte vous pourrez liquider votre pension, et si vous êtes éligible au dispositif carrière longue. C'est sur la base de ces informations fiables que vous pourrez construire une stratégie solide, négocier votre date de départ et le montant de votre indemnité. Signer une rupture sans cette visibilité serait une grave erreur.
Rupture conventionnelle à 58 ans et carrière longue : cas particulier
Le cas d'une rupture conventionnelle à 58 ans pour un salarié en carrière longue est un scénario stratégique à considérer. Un salarié ayant commencé à travailler très jeune peut, à 58 ans, n'avoir besoin que de quelques trimestres supplémentaires pour atteindre les conditions du taux plein avant l'âge légal.
Dans cette configuration, une rupture conventionnelle peut permettre de bénéficier d'une période d'indemnisation chômage (même réduite par la réforme) pour valider les trimestres manquants. L'enjeu est de bien calculer si la durée des droits ARE est suffisante pour faire le pont jusqu'à la date d'ouverture des droits à la retraite "carrière longue". Cette option demande une planification très en amont et une négociation d'indemnité solide pour sécuriser financièrement cette période de transition. C'est un calcul complexe qui doit prendre en compte l'impact de la réforme sur la durée des droits.
Hausse de la contribution patronale sur l'indemnité de rupture conventionnelle en 2026
Un autre changement notable en 2026, bien que moins visible pour le salarié, concerne la contribution que l'employeur doit verser sur l'indemnité de rupture. Selon le panorama 2026 du droit social (village-justice.com, 2026), une hausse de la contribution patronale spécifique sur les indemnités de rupture conventionnelle est actée.
Cette mesure a pour but de rendre la rupture conventionnelle légèrement plus coûteuse pour les entreprises, notamment pour les salariés proches de la retraite, afin de freiner les départs jugés trop précoces. Pour le salarié, l'impact n'est pas direct : le montant net de son indemnité n'est pas affecté par cette contribution. Cependant, cette augmentation du coût global pour l'employeur peut indirectement durcir les négociations. Un employeur plus réticent pourrait être moins enclin à accorder une indemnité supra-légale généreuse. Il est donc utile d'avoir cet élément en tête lors des discussions, car il peut expliquer une certaine frilosité de la part de l'entreprise.
Rupture conventionnelle à 61 ans et au-delà : les mêmes règles s'appliquent-elles ?
Oui, les règles fondamentales de la rupture conventionnelle décrites dans ce guide s'appliquent de la même manière à 61, 62 ou 63 ans. Le principe reste le même : tant que le salarié n'a pas liquidé sa pension de retraite à taux plein, il peut signer une rupture conventionnelle et bénéficier des droits afférents, notamment l'ouverture de droits à l'assurance chômage.
La principale variable qui change est la durée d'indemnisation ARE. Comme le montre le tableau comparatif de la réforme, la durée maximale de 20,5 mois s'applique à toute la tranche des "57 ans et plus". L'enjeu à 61 ou 62 ans est donc de s'assurer que cette durée est suffisante pour atteindre la date de liquidation de la retraite à taux plein. Plus on se rapproche de l'échéance, plus la rupture conventionnelle devient un outil pertinent pour gérer les derniers mois ou la dernière année d'activité, en sécurisant un revenu de remplacement et en validant les derniers trimestres manquants via l'indemnisation chômage. La vigilance sur la chronologie et la fiscalité reste de mise.
Points clés
- Signer une rupture conventionnelle à 60 ans est un droit pour les salariés en CDI du privé n'ayant pas liquidé leurs droits à la retraite.
- La réforme applicable au 1er septembre 2026 réduit la durée maximale d'indemnisation chômage de 27 à 20,5 mois pour les 57 ans et plus.
- L'indemnité de rupture est exonérée d'impôt sur le revenu si, à la date de la rupture, vous ne pouvez pas bénéficier d'une retraite à taux plein.
- Liquider sa pension de retraite avant la date de rupture du contrat annule la plupart des avantages fiscaux et sociaux sur l'indemnité perçue.
- Le calcul de l'indemnité légale minimum reste basé sur un quart de mois de salaire par année d'ancienneté jusqu'à 10 ans, et un tiers au-delà.
Sources
- service-public.fr
- impots.gouv.fr
- village-justice.com
- village-justice.com
- village-justice.com
- village-justice.com
Ces éléments sont d'ordre général et ne sauraient remplacer une consultation juridique. Pour un cas précis, adressez-vous à un avocat ou à un professionnel du droit.
Questions pratiques
Est-il possible de toucher le chômage à 60 ans après une rupture conventionnelle ?
Oui, un salarié de 60 ans en CDI peut percevoir les allocations chômage (ARE) après une rupture conventionnelle, à condition de ne pas avoir liquidé ses droits à une retraite à taux plein. La réforme du 1er septembre 2026 réduit la durée maximale d'indemnisation pour les 57 ans et plus, mais ne supprime pas le droit lui-même.
Comment se passe une rupture conventionnelle en 2026 ?
En 2026, la procédure reste la même : un ou plusieurs entretiens pour s'accorder sur les conditions, la signature d'une convention, un délai de rétractation de 15 jours calendaires, puis l'envoi de la demande d'homologation à la DREETS qui dispose de 15 jours ouvrables pour répondre. La nouveauté principale de 2026 est la réduction de la durée de l'indemnisation chômage qui s'ensuit.
Quelle est la procédure pour la rupture conventionnelle en 2026 ?
La procédure de rupture conventionnelle en 2026 implique : un accord mutuel entre employeur et salarié lors d'un ou plusieurs entretiens, la signature d'une convention fixant la date de rupture et le montant de l'indemnité, un délai de rétractation de 15 jours pour chaque partie, et enfin une demande d'homologation en ligne auprès de la DREETS.
Quelles sont les indemnités de rupture conventionnelle en 2026 ?
En 2026, l'indemnité de rupture conventionnelle ne peut être inférieure à l'indemnité légale de licenciement. Elle se calcule à 1/4 de mois de salaire par année d'ancienneté pour les 10 premières années, et 1/3 de mois de salaire pour les années suivantes. Une convention collective plus favorable peut prévoir un montant supérieur.
Fiches associées
Rupture conventionnelle signée : les démarches à suivre
Rupture conventionnelle signée : découvrez chaque démarche à réaliser (délai de rétractation, homologation, solde de tout compte, chômage) pour sécuriser
Par Charlotte Boyer · 30 septembre 2026
Rupture conventionnelle pour maladie : comment rédiger
Comment rédiger une lettre pour demander une rupture conventionnelle pour raison de maladie ? Structure, formulations précises, pièges à éviter et modèle
Par Charlotte Boyer · 29 septembre 2026
