
Comment simuler votre prime de rupture conventionnelle : méthode, formule
Simulez votre prime de rupture conventionnelle : formule légale, salaire de référence, exonérations fiscales et erreurs fréquentes. Guide pratique 2026

La simulation de votre prime de rupture conventionnelle repose sur l'article R1234-1 du Code du travail : 1/4 de mois de salaire par année d'ancienneté jusqu'à 10 ans, 1/3 au-delà. Le salaire de référence est calculé sur la moyenne des 12 derniers mois ou des 3 derniers mois : la formule la plus favorable prévaut. Le montant obtenu est un minimum légal, que votre convention collective peut améliorer.
Simuler sa prime de rupture conventionnelle consiste à appliquer une formule légale fondée sur deux paramètres : le salaire de référence et l'ancienneté. Ni le salaire brut ni le salaire net ne suffisent à eux seuls : la méthode impose de choisir entre deux assiettes de calcul (12 derniers mois ou 3 derniers mois) et de retenir la plus favorable au salarié. Les simulateurs officiels de code.travail.gouv.fr et service-public.fr livrent une estimation indicative pour les CDI à temps plein, mais ignorent plusieurs variables déterminantes : temps partiel, primes conventionnelles, convention collective plus avantageuse.
Ce qu'il faut retenir
- La simulation d'une prime de rupture conventionnelle applique la formule de l'article R1234-1 : 1/4 de mois par année d'ancienneté jusqu'à 10 ans, 1/3 au-delà
- Le salaire de référence retient la moyenne la plus favorable entre les 12 derniers mois et les 3 derniers mois, primes incluses
- L'indemnité conventionnelle de licenciement remplace le minimum légal quand elle est plus avantageuse : les simulateurs officiels l'ignorent
- Depuis le 1ᵉʳ septembre 2023, la fraction supra-légale de l'indemnité est soumise à CSG-CRDS même sous 2 PASS
- Les simulateurs gratuits ne couvrent ni le temps partiel ni les primes variables : une vérification manuelle reste indispensable
Ce que couvre : et ne couvre pas : un simulateur de prime de rupture conventionnelle
Un simulateur de rupture conventionnelle applique une formule arithmétique à des données saisies par le salarié : salaire mensuel brut, ancienneté, éventuellement primes. Le résultat affiché est une estimation de l'indemnité spécifique de rupture conventionnelle : le minimum légal que l'employeur doit verser.
Cette estimation ne vaut que pour les CDI à temps plein du secteur privé. Le simulateur officiel de code.travail.gouv.fr l'explicite en toutes lettres : « Ce simulateur permet d'estimer le montant de l'indemnité spécifique de rupture conventionnelle uniquement dans le cas d'un CDI à temps plein. »
Le service-public.fr propose un outil similaire, centré sur le calcul de l'indemnité légale. Tous deux ignorent quatre paramètres pourtant déterminants : les stipulations de la convention collective applicable, le temps partiel, les primes variables non mensualisées, et l'ancienneté discontinue (alternance de périodes à temps plein et à temps partiel).
Avant de lancer une simulation, rassemblez vos bulletins de paie des 12 derniers mois, votre contrat de travail, et le texte de votre convention collective. Sans ces documents, le chiffre que vous obtiendrez ne reflétera qu'une partie de la réalité : parfois très éloignée du montant que vous pouvez légalement prétendre. Notre simulateur de rupture conventionnelle intègre ces paramètres pour une estimation plus fidèle.
Quels documents rassembler avant de simuler
La qualité d'une simulation dépend directement des données qui l'alimentent. Préparez systématiquement :
- Les 12 derniers bulletins de salaire (ou les 3 derniers si votre rémunération est stable). Ils servent à établir le salaire de référence selon les deux méthodes prévues par l'article R1234-4 du Code du travail.
- Le contrat de travail et ses avenants, pour vérifier les clauses de rémunération variable, la classification et la convention collective applicable.
- La convention collective ou un extrait de ses dispositions sur l'indemnité de rupture. Certaines conventions prévoient des indemnités très supérieures au minimum légal : parfois 1 à 1,5 mois par année d'ancienneté pour les cadres.
- Un décompte précis de l'ancienneté, incluant les périodes de suspension du contrat assimilées à du temps de travail effectif (congés payés, arrêt maladie pour accident du travail, congé maternité).
Sans ces quatre éléments, même le meilleur simulateur produira un résultat incomplet.
Les limites des simulateurs en ligne
Les simulateurs gratuits de code.travail.gouv.fr et service-public.fr présentent trois angles morts majeurs. Premièrement, ils n'intègrent pas les indemnités conventionnelles de licenciement : or en pratique, c'est très souvent ce montant qui sert de référence à la négociation de la rupture conventionnelle. Deuxièmement, ils ne gèrent pas le temps partiel : un salarié à 80 % depuis 6 ans verra sa simulation erronée s'il saisit machinalement son dernier salaire sans correction. Troisièmement, ils ne calculent pas l'impact fiscal et social de l'indemnité : ce qui laisse le salarié dans l'ignorance du montant net qu'il percevra réellement.
Le site telerc.travail.gouv.fr, géré par le Ministère du Travail, propose une simulation de l'indemnité légale mais son interface reste orientée vers la procédure d'homologation plus que vers l'estimation personnalisée. Pour une simulation complète incluant le régime social post-1er septembre 2023, mieux vaut croiser plusieurs outils et vérifier manuellement les paramètres que les simulateurs omettent.
Pour obtenir une simulation précise de votre indemnité, qui tienne compte de tous ces éléments, vous pouvez consulter notre guide sur la façon dont est calculée une rupture conventionnelle en 2026.
La formule légale de calcul : salaire de référence et ancienneté
L'indemnité spécifique de rupture conventionnelle obéit à la même formule que l'indemnité légale de licenciement, fixée par l'article L1237-13 du Code du travail qui renvoie aux articles R1234-1 à R1234-5. Le calcul s'articule autour de deux variables : le salaire de référence et l'ancienneté.
La formule produit un montant brut, avant application des exonérations sociales et fiscales. Elle constitue un plancher : l'indemnité de rupture conventionnelle ne peut pas être inférieure à ce minimum légal. L'employeur peut proposer davantage, et c'est d'ailleurs l'un des leviers de la négociation inhérente à toute rupture conventionnelle.
Si vous souhaitez approfondir, vous pouvez consulter notre article sur comment calculer la rupture conventionnelle en détail.
Pour comprendre plus en détail comment est calculée une rupture conventionnelle, notamment en 2026, l'exploration des différentes composantes est essentielle.
Pour des précisions sur le mode de calcul, nous vous recommandons de consulter notre article détaillé sur la manière dont est calculée une rupture conventionnelle en 2026.
Notre article détaillant comment calculer la rupture conventionnelle en détail vous apportera toutes les précisions nécessaires.
Pour des explications détaillées sur la façon de la calculer, vous pouvez consulter notre guide complet sur la manière de comment calculer la rupture conventionnelle.
Un point souvent mal compris : l'indemnité conventionnelle de licenciement, si elle est plus favorable, sert de référence à la place du minimum légal. Autrement dit, si votre convention collective prévoit 1/3 de mois par année d'ancienneté dès la première année, c'est ce taux qui s'applique : et non le 1/4 légal. Avant de simuler, consultez impérativement la procédure complète de rupture conventionnelle pour vérifier les conditions d'homologation par la DREETS.
1/4 de mois ou 1/3 de mois : quelle tranche s'applique ?
L'article R1234-1 du Code du travail distingue deux tranches d'ancienneté : 1/4 de mois de salaire par année pour les 10 premières années, puis 1/3 de mois de salaire par année au-delà de la dixième.
Prenons un exemple concret. Pour 15 ans d'ancienneté et un salaire de référence de 3 000 €, le calcul se décompose ainsi : 10 ans × 1/4 × 3 000 € = 7 500 € pour la première tranche, auxquels s'ajoutent 5 ans × 1/3 × 3 000 € = 5 000 € pour la seconde. L'indemnité légale minimale atteint 12 500 €.
Les années incomplètes sont proratisées. Une ancienneté de 8 ans et 4 mois se calcule sur 8 ans et 4/12ᵉ d'année. La formule est linéaire : pas d'effet de seuil qui ferait basculer toute l'indemnité dans le taux supérieur. Seules les années réellement au-delà de 10 ans bénéficient du 1/3.
Salaire de référence : moyenne des 12 mois ou des 3 derniers mois ?
L'article R1234-4 du Code du travail prévoit deux méthodes de calcul du salaire de référence, et impose de retenir la plus favorable au salarié.
La première méthode prend la moyenne mensuelle des salaires bruts perçus au cours des 12 derniers mois précédant la notification de la rupture. Elle lisse les variations saisonnières et intègre les primes annuelles.
La seconde retient la moyenne des 3 derniers mois. Elle favorise le salarié dont la rémunération a augmenté récemment (promotion, heures supplémentaires structurelles). Si le salarié a perçu une prime exceptionnelle durant ces 3 mois, elle est intégrée au prorata de sa périodicité.
Une erreur fréquente consiste à ne pas comparer les deux méthodes. Un salarié passé cadre 4 mois avant sa rupture trouvera un salaire de référence bien supérieur avec la méthode des 3 derniers mois. C'est ce montant qu'il doit retenir : le Code du travail ne lui laisse pas le choix : la formule la plus favorable s'impose.
Calcul rupture conventionnelle pour un cadre : particularités
Les conventions collectives des cadres : Syntec, métallurgie, banque, assurance : prévoient quasi systématiquement des indemnités de licenciement supérieures au minimum légal. Ces indemnités conventionnelles constituent le véritable plancher de la rupture conventionnelle.
Un cadre de la convention collective Syntec bénéficie par exemple d'une indemnité de licenciement équivalant à 1/3 de mois par année dès la première année, contre 1/4 dans le régime légal. L'écart, sur 15 ans d'ancienneté, représente plusieurs milliers d'euros.
Le simulateur de code.travail.gouv.fr ignore ces dispositions conventionnelles. Une simulation fiable pour un cadre passe donc par la consultation préalable de sa convention collective et, idéalement, par une estimation croisée avec les barèmes conventionnels applicables. Comparer licenciement et rupture conventionnelle permet de mesurer l'écart entre les deux indemnités et d'éclairer la décision.
Simulation pas à pas : deux scénarios chiffrés
Deux cas concrets permettent d'illustrer la mécanique du calcul et ses conséquences sur le net à percevoir. Le premier concerne un salarié non-cadre dont l'indemnité reste proche du minimum légal ; le second, un cadre pour lequel l'indemnité conventionnelle change radicalement le régime social applicable.
Ces simulations sont indicatives. Le montant exact dépend de paramètres individuels (primes, absences, temps partiel intermittent) que seul un calcul personnalisé peut intégrer. Notre simulateur de rupture conventionnelle vous permet d'affiner ces estimations avec vos propres données.
Exemple 1 : salarié non-cadre, 8 ans d'ancienneté
Profil : salarié non-cadre, 8 ans d'ancienneté, salaire de référence de 2 400 € bruts par mois. Convention collective ne prévoyant pas d'indemnité de licenciement plus favorable que le minimum légal.
L'ancienneté est inférieure à 10 ans, la formule applique donc 1/4 de mois par année : 2 400 € × 1/4 × 8 = 4 800 €.
Cette indemnité est intégralement exonérée d'impôt sur le revenu (elle est inférieure au plafond de 2 fois le PASS, soit 96 120 € en 2026). Elle est également exonérée de cotisations sociales jusqu'à 2 PASS (96 120 €). En revanche, la CSG-CRDS s'applique sur la totalité du montant perçu, car l'indemnité légale (4 800 €) est inférieure au seuil de 5 000 € mentionné par village-justice.com (2019) : mais l'exonération de CSG-CRDS porte sur le plus petit des deux montants entre l'indemnité légale/conventionnelle et l'indemnité perçue. Ici, 4 800 € < 5 000 €, donc la totalité des 4 800 € échappe à la CSG-CRDS. Le salarié perçoit 4 800 € nets.
Exemple 2 : cadre, indemnité supérieure à l'indemnité légale
Profil : cadre, 15 ans d'ancienneté, salaire de référence de 6 000 € bruts. Indemnité de rupture conventionnelle négociée à 90 000 €, dont 60 000 € correspondent à l'indemnité conventionnelle de licenciement prévue par la convention collective (source : village-justice.com, 2018).
Le calcul légal donnerait : (10 × 1/4 × 6 000 €) + (5 × 1/3 × 6 000 €) = 15 000 € + 10 000 € = 25 000 €. L'indemnité négociée de 90 000 € est très supérieure au plancher légal.
Côté exonérations : la fraction correspondant à l'indemnité conventionnelle (60 000 €) est exonérée de cotisations sociales dans la limite de 2 PASS. Les 30 000 € restants sont assujettis à cotisations. Sur le plan fiscal, l'indemnité est exonérée d'impôt à hauteur du plus élevé des trois montants suivants : l'indemnité légale (25 000 €), l'indemnité conventionnelle (60 000 €), ou 2 fois la rémunération brute annuelle du salarié. Ce dernier plafond est lui-même limité à 6 PASS, soit 288 360 € en 2026. Ici, l'indemnité conventionnelle de 60 000 € s'applique : 60 000 € sont exonérés d'impôt, les 30 000 € restants sont imposables.
Régime fiscal et social de l'indemnité : ce qui est exonéré, ce qui ne l'est pas
Le régime social et fiscal de l'indemnité de rupture conventionnelle a connu une refonte au 1ᵉʳ septembre 2023. Le nouveau dispositif modifie en profondeur le traitement des sommes versées au-delà du minimum légal ou conventionnel.
L'enjeu est considérable : selon le montant négocié et la qualification de l'indemnité, un salarié peut passer d'une exonération quasi totale à une imposition significative. Le simulateur de calcul intègre ces paramètres pour distinguer le brut du net.
Deux régimes coexistent désormais : celui de la fraction exonérée (dans la limite de l'indemnité légale ou conventionnelle de licenciement) et celui de la fraction soumise à cotisations sociales. La CSG-CRDS obéit à des règles distinctes, détaillées ci-dessous.
Exonération de CSG/CRDS : conditions et plafond
L'exonération de CSG-CRDS s'applique sur le montant correspondant à l'indemnité légale ou conventionnelle de licenciement, dans la limite du plafond légal d'exonération de cotisations sociales (2 PASS). Au-delà, la fraction excédentaire est soumise à la CSG au taux de 9,2 % et à la CRDS au taux de 0,5 %.
Selon village-justice.com (octobre 2019), le montant exonéré de CSG-CRDS correspond à la plus petite des deux sommes entre l'indemnité légale ou conventionnelle et l'indemnité effectivement perçue. Un exemple : une indemnité légale de 8 000 € pour une indemnité perçue de 12 000 € signifie que 8 000 € échappent à la CSG-CRDS, les 4 000 € restants y sont assujettis.
Pour les indemnités supérieures à 2 PASS (96 120 € en 2026), l'exonération est plafonnée à ce seuil. Un cadre percevant 120 000 € d'indemnité (dont 80 000 € d'indemnité conventionnelle) verra son exonération de CSG-CRDS limitée à 80 000 €, les 40 000 € restants supportant 9,7 % de prélèvements sociaux.
Impôt sur le revenu : quand l'indemnité est-elle imposable ?
L'indemnité de rupture conventionnelle est exonérée d'impôt sur le revenu dans la limite du plus élevé de trois montants : l'indemnité légale de licenciement, l'indemnité conventionnelle de licenciement, ou 2 fois la rémunération brute annuelle du salarié (elle-même plafonnée à 6 PASS, soit 288 360 € en 2026).
Pour le salarié non-cadre de l'exemple 1, l'indemnité de 4 800 € est intégralement exonérée. Pour le cadre de l'exemple 2 percevant 90 000 €, l'exonération fiscale porte sur 60 000 € (l'indemnité conventionnelle), les 30 000 € restants étant imposables dans la catégorie des traitements et salaires.
Un salarié éligible à la retraite subit un traitement différent : l'indemnité est intégralement imposable, sans exonération, quel que soit son montant.
Régime social post-septembre 2023 : ce qui a changé
Depuis le 1ᵉʳ septembre 2023, l'indemnité de rupture conventionnelle est soumise au forfait social de 20 % sur la fraction exonérée de cotisations sociales mais assujettie à la CSG-CRDS. Ce forfait social est à la charge exclusive de l'employeur et ne diminue pas le net perçu par le salarié.
Le changement majeur concerne l'assujettissement à la CSG-CRDS de la fraction d'indemnité excédant l'indemnité légale ou conventionnelle : même si cette fraction reste dans la limite de 2 PASS. Auparavant, la totalité de l'indemnité jusqu'à 2 PASS bénéficiait d'une exonération de CSG-CRDS. Désormais, seuls le montant de l'indemnité légale ou conventionnelle ouvre droit à cette exonération.
Le Décret n° 2019-1596 du 31 décembre 2019, relatif à l'indemnité spécifique de rupture conventionnelle dans la fonction publique, fixe un cadre distinct pour les agents publics : il ne s'applique pas au secteur privé.
Les 4 erreurs courantes qui faussent votre simulation
Les simulations d'indemnité de rupture conventionnelle butent sur quatre écueils récurrents, identifiés par la pratique contentieuse. Chacun peut entraîner un écart de plusieurs milliers d'euros entre l'estimation et le montant réellement dû.
⚠️ Attention : une simulation erronée peut conduire à accepter une indemnité inférieure à vos droits, ou à l'inverse à formuler une demande irréaliste qui bloque la négociation. Vérifiez systématiquement les quatre points ci-dessous avant de vous engager.
Ces erreurs ne sont pas théoriques. Selon village-justice.com (juillet 2026), elles fragilisent la convention de rupture et peuvent entraîner un refus d'homologation par la DREETS ou, pire, un redressement URSSAF ultérieur pour l'employeur.
Oublier les primes dans le salaire de référence
Le salaire de référence ne se limite pas au salaire de base. L'article R1234-4 du Code du travail intègre l'ensemble des éléments de rémunération brute : primes d'ancienneté, primes de résultat, treizième mois, primes de vacances, commissions, heures supplémentaires structurelles.
L'erreur classique consiste à saisir dans le simulateur le salaire brut mensuel figurant en haut du bulletin de paie, en omettant les compléments variables. Un salarié percevant 2 200 € de base mais 2 800 € en moyenne avec primes et commissions sous-estime son indemnité de plus de 20 %.
La correction est simple : calculez votre salaire brut mensuel moyen sur 12 mois (total des salaires bruts divisé par 12), et comparez-le à la moyenne des 3 derniers mois. Utilisez le plus élevé des deux. C'est ce chiffre que vous devez saisir, pas votre salaire de base contractuel.
Ignorer la convention collective applicable
Beaucoup de salariés ignorent leur convention collective ou ne vérifient pas ses dispositions sur l'indemnité de licenciement. Or c'est l'indemnité conventionnelle : et non l'indemnité légale : qui constitue le plancher de la rupture conventionnelle lorsque la convention collective est plus favorable.
Un salarié relevant de la convention collective de la métallurgie (ingénieurs et cadres) bénéficie d'une indemnité conventionnelle de licenciement pouvant atteindre 1/5 de mois par année pour la première tranche, puis 3/5 au-delà de 7 ans. L'écart avec le barème légal est considérable.
Consultez le texte de votre convention collective avant toute simulation. Votre classification (ouvrier, employé, agent de maîtrise, cadre) détermine le barème applicable. Le simulateur officiel ne le fait pas à votre place.
Confondre brut et net dans la simulation
Tous les simulateurs officiels affichent un montant brut. Le net perçu par le salarié dépend du régime social et fiscal applicable : qui varie selon que l'indemnité est égale, supérieure ou très supérieure au minimum légal.
Une indemnité de 15 000 € bruts dans le cadre légal (exonération totale) produit un net identique de 15 000 €. La même indemnité de 15 000 € dont 5 000 € correspondent à l'indemnité légale et 10 000 € à un complément supra-légal subit une CSG-CRDS de 9,7 % sur 10 000 €, soit 970 € de prélèvements. Le net tombe à 14 030 €.
Ne comparez jamais deux offres de rupture conventionnelle sur la base du brut. Exigez une simulation nette après application du régime social complet.
Cas du temps partiel : une formule spécifique
Le salarié à temps partiel voit son indemnité calculée proportionnellement à sa durée de travail. L'article R1234-4 le confirme implicitement : le salaire de référence est la rémunération brute effective, qui reflète la durée contractuelle réduite.
Un salarié à 80 % avec 10 ans d'ancienneté et un salaire brut à temps plein qui serait de 2 500 € ne perçoit pas une indemnité calculée sur 2 500 €. Son salaire de référence est la moyenne de ses salaires réels à 80 %, soit environ 2 000 €.
La subtilité survient lorsque le salarié a alterné temps plein et temps partiel. L'ancienneté reste inchangée, mais le salaire de référence intègre cette variation : la moyenne des 12 derniers mois capte mécaniquement l'alternance des régimes. Les simulateurs officiels ne gèrent pas ce cas de figure : ils supposent un temps plein continu.
Où faire votre simulation officielle : les outils à utiliser
Trois simulateurs officiels permettent d'obtenir une première estimation de l'indemnité de rupture conventionnelle. Leur usage est complémentaire, aucun n'étant exhaustif.
Le simulateur de code.travail.gouv.fr calcule l'indemnité spécifique de rupture conventionnelle pour les CDI à temps plein. Il applique strictement la formule légale, sans convention collective ni primes variables. Simple et rapide, il donne le plancher légal.
Le simulateur de service-public.fr couvre le même périmètre (CDI temps plein, secteur privé) avec une interface légèrement plus détaillée sur les paramètres de saisie. Il mentionne explicitement l'exclusion du temps partiel.
La plateforme telerc.travail.gouv.fr propose une simulation dans le cadre de la procédure d'homologation. Elle est utile pour les salariés déjà engagés dans une rupture conventionnelle, car elle interface avec la DREETS.
Pour les agents de la fonction publique, le cadre juridique diffère. Le Décret n° 2019-1596 du 31 décembre 2019 fixe les règles de l'indemnité spécifique de rupture conventionnelle dans les trois versants de la fonction publique. Le simulateur du site cdg31.fr propose une estimation adaptée à ce régime spécifique.
Aucun de ces outils ne remplace une simulation personnalisée intégrant la convention collective et les primes. Notre simulateur de rupture conventionnelle comble ces lacunes, tout comme la simulation du calendrier qui détaille les délais à anticiper.
💡 À noter : quelle que soit la simulation obtenue, le montant définitif de l'indemnité est fixé dans la convention de rupture signée par les deux parties. La simulation est un outil de négociation, pas un engagement contractuel.
Fiche pratique
| Formule légale | 1/4 de mois par année ≤ 10 ans ; 1/3 de mois par année > 10 ans (art. R1234-1 C. trav.) |
| Salaire de référence | Moyenne 12 derniers mois ou 3 derniers mois : le plus favorable (art. R1234-4 C. trav.) |
| Plancher exonération cotisations | 2 PASS = 96 120 € en 2026 |
| Plafond exonération fiscale | Max(indemnité légale ; indemnité conventionnelle ; 2× rémunération annuelle), plafonné à 6 PASS = 288 360 € |
| CSG-CRDS | Exonération sur le montant de l'indemnité légale/conventionnelle dans la limite de 2 PASS ; au-delà : 9,2 % CSG + 0,5 % CRDS |
| Forfait social employeur | 20 % sur la part exonérée de cotisations mais soumise à CSG-CRDS (depuis le 01/09/2023) |
| Simulateurs officiels | code.travail.gouv.fr, service-public.fr, telerc.travail.gouv.fr (CDI temps plein uniquement) |
| Textes clés | Art. L1237-11 à L1237-19 C. trav. ; Art. R1234-1 à R1234-5 C. trav. ; Décret n° 2019-1596 du 31/12/2019 (fonction publique) |
Sources
- legifrance.gouv.fr
- legifrance.gouv.fr
- legifrance.gouv.fr
- village-justice.com
- village-justice.com
- village-justice.com
Ces éléments sont d'ordre général et ne sauraient remplacer une consultation juridique. Pour un cas précis, adressez-vous à un avocat ou à un professionnel du droit.
Questions pratiques
Comment calculer le montant de l'indemnité de rupture conventionnelle ?
Appliquez l'article R1234-1 du Code du travail : 1/4 de mois de salaire par année d'ancienneté jusqu'à 10 ans, puis 1/3 de mois de salaire par année au-delà. Le salaire de référence est la moyenne mensuelle brute la plus favorable entre les 12 derniers mois et les 3 derniers mois précédant la rupture (art. R1234-4). Multipliez ce salaire par le taux et l'ancienneté. Vérifiez aussi votre convention collective : si elle prévoit une indemnité de licenciement plus favorable, c'est ce montant qui sert de plancher.
Quel est le salaire de référence pour calculer l'indemnité de rupture conventionnelle ?
Le salaire de référence se calcule selon deux méthodes prévues par l'article R1234-4 du Code du travail : la moyenne des salaires bruts des 12 derniers mois ou celle des 3 derniers mois. La formule la plus favorable au salarié s'impose. Y sont intégrés le salaire de base, les primes, le treizième mois, les commissions et les heures supplémentaires structurelles. Les indemnités de congés payés et les remboursements de frais professionnels sont exclus.
L'indemnité de rupture conventionnelle est-elle imposable ?
L'indemnité est exonérée d'impôt sur le revenu dans la limite du plus élevé des trois montants suivants : l'indemnité légale de licenciement, l'indemnité conventionnelle de licenciement, ou 2 fois la rémunération brute annuelle (plafonnée à 6 PASS, soit 288 360 € en 2026). Au-delà, la fraction excédentaire est imposable. Les salariés éligibles à une pension de retraite ne bénéficient d'aucune exonération fiscale.
Quelle est la différence entre indemnité légale et indemnité conventionnelle de rupture ?
L'indemnité légale est le minimum fixé par les articles R1234-1 et suivants du Code du travail (1/4 de mois par année jusqu'à 10 ans, 1/3 au-delà). L'indemnité conventionnelle est celle prévue par la convention collective applicable à l'entreprise, souvent plus favorable. En rupture conventionnelle, c'est le montant le plus élevé des deux qui s'applique comme plancher. Les simulateurs officiels ignorent l'indemnité conventionnelle : vérifiez votre convention collective manuellement.
Comment simuler une rupture conventionnelle pour un temps partiel ?
Le salaire de référence d'un salarié à temps partiel est calculé sur sa rémunération brute réelle, proportionnelle à sa durée de travail. Les simulateurs officiels (code.travail.gouv.fr, service-public.fr) ne couvrent pas le temps partiel. Calculez manuellement la moyenne de vos salaires bruts perçus sur les 12 derniers mois ou les 3 derniers mois, puis appliquez la formule légale. En cas d'alternance temps plein/temps partiel, la moyenne des 12 derniers mois reflète mécaniquement cette variation.
L'indemnité de rupture conventionnelle est-elle soumise à la CSG et à la CRDS ?
La fraction de l'indemnité correspondant à l'indemnité légale ou conventionnelle de licenciement est exonérée de CSG-CRDS, dans la limite du plafond d'exonération des cotisations sociales (2 PASS, soit 96 120 € en 2026). La fraction excédentaire est soumise à la CSG au taux de 9,2 % et à la CRDS au taux de 0,5 %. Depuis le 1ᵉʳ septembre 2023, un forfait social de 20 % s'applique en plus, à la charge de l'employeur.
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