Rupture conventionnelle dans la fonction publique : mode d'emploi complet
Rupture conventionnelle dans la fonction publique en 2026 : qui peut en bénéficier, quelle procédure suivre, quel montant d'indemnité ? Guide pratique basé

La rupture conventionnelle dans la fonction publique en 2026 est une procédure en 5 étapes : demande écrite, entretien préalable (10 jours à 1 mois après), signature de la convention, délai de rétractation de 15 jours francs, puis radiation des cadres. Elle est désormais pérennisée par le décret du 6 août 2026.
Initier une rupture conventionnelle dans la fonction publique en 2026 est désormais une démarche pérennisée pour les fonctionnaires titulaires et les agents en CDI. Initialement expérimentale, cette procédure amiable de cessation de fonctions est maintenant encadrée par le décret du 6 août 2026. Comprendre comment faire une rupture conventionnelle dans la fonction publique implique de maîtriser ses étapes clés, de l'entretien préalable au calcul de l'indemnité spécifique, afin de sécuriser son départ et ses droits.
Ce que la loi de finances 2026 change pour les fonctionnaires
La loi de finances pour 2026 a mis fin à une période d'incertitude pour de nombreux agents publics. Le dispositif de rupture conventionnelle, introduit à titre expérimental par la loi de transformation de la fonction publique du 6 août 2019, est désormais permanent. Cette mesure, qui a permis à 8 783 fonctionnaires de la fonction publique d'État (FPE) de quitter leurs fonctions d'un commun accord entre 2020 et 2025 (fonction-publique.gouv.fr, 2026), est maintenant accessible de manière durable dans les trois versants : État, Territorial et Hospitalier.
Cette pérennisation change la donne pour les agents qui envisagent une reconversion professionnelle ou un nouveau projet de vie. Elle offre une voie de sortie sécurisée, incluant le versement d'une indemnité spécifique et l'ouverture de droits à l'assurance chômage, contrairement à une simple démission. Les nouvelles règles, fixées par des textes réglementaires précis, visent à harmoniser et clarifier la procédure pour toutes les parties.
De l'expérimentation à la pérennisation : chronologie clé
Le parcours de la rupture conventionnelle dans la fonction publique a suivi un calendrier précis.
- 6 août 2019 : La loi de transformation de la fonction publique crée le dispositif à titre expérimental.
- 1er janvier 2020 : Début de l'expérimentation pour les fonctionnaires titulaires, pour une durée prévue jusqu'au 31 décembre 2025. Le dispositif est déjà pérenne pour les agents en CDI.
- 2020-2025 : Phase d'application durant laquelle des milliers d'agents ont utilisé cette nouvelle modalité de départ.
- Loi de finances pour 2026 : Le législateur décide de pérenniser le dispositif, le rendant permanent pour les fonctionnaires titulaires des trois versants.
- 6 août 2026 : Publication des décrets et de l'arrêté d'application qui fixent les nouvelles règles de procédure et les modèles de convention. Cette chronologie montre la volonté des pouvoirs publics d'ancrer cette modalité de gestion des carrières dans le paysage administratif français.
Décret n° 2026-745 du 6 août 2026 : ce qui change concrètement
Le principal apport du décret n° 2026-745 du 6 août 2026 est de stabiliser la procédure. Il reprend en grande partie les modalités de l'expérimentation mais les inscrit dans le droit commun de la fonction publique. Concrètement, ce texte précise les délais à respecter, les conditions de l'entretien préalable, le contenu de la convention de rupture et les modalités du droit de rétractation.
Un autre texte, l'arrêté du 6 août 2026, est également crucial car il fixe les modèles officiels de convention. Utiliser ces modèles est une sécurité juridique pour l'agent comme pour l'administration, garantissant que tous les points légaux obligatoires sont bien présents dans l'accord. Le décret n° 2026-746 du même jour pérennise, quant à lui, le calcul de l'indemnité spécifique de rupture conventionnelle.
Qui peut bénéficier d'une rupture conventionnelle dans la fonction publique ?
L'accès à la rupture conventionnelle est clairement défini par les textes. Il ne concerne pas tous les agents publics. Il est essentiel de vérifier son éligibilité avant d'entamer toute démarche pour éviter une fin de non-recevoir. Les principaux bénéficiaires sont les agents qui disposent d'une certaine stabilité dans leur emploi, l'objectif étant de permettre des départs négociés sur des postes permanents.
Le dispositif est désormais accessible de la même manière dans les trois versants de la fonction publique, ce qui met fin aux disparités qui pouvaient exister durant la phase expérimentale. Que l'on soit rattaché à un ministère, une collectivité locale ou un hôpital public, les conditions d'éligibilité de base sont identiques.
Fonctionnaires titulaires des trois versants
La nouveauté majeure confirmée en 2026 est l'ouverture pérenne du dispositif aux fonctionnaires titulaires. Cette éligibilité concerne l'ensemble des agents ayant ce statut, quel que soit leur corps ou cadre d'emplois. Sont concernés :
- Les fonctionnaires de la Fonction Publique d'État (FPE)
- Les fonctionnaires de la Fonction Publique Territoriale (FPT)
- Les fonctionnaires de la Fonction Publique Hospitalière (FPH)
Il n'y a pas de condition d'ancienneté minimale requise pour demander une rupture conventionnelle. Un fonctionnaire récemment titularisé peut donc, en théorie, solliciter ce mode de départ. En pratique, l'administration évaluera l'opportunité de la demande au cas par cas.
Agents contractuels en CDI
Pour les agents contractuels de la fonction publique, la rupture conventionnelle est une possibilité ouverte de longue date, mais uniquement pour une catégorie spécifique. Seuls les agents recrutés en contrat à durée indéterminée (CDI) peuvent en bénéficier. Ce dispositif leur est ouvert de manière permanente depuis le 1er janvier 2020, bien avant la pérennisation pour les fonctionnaires titulaires.
Les agents en contrat à durée déterminée (CDD), y compris les contractuels de projet, ne sont pas éligibles à la rupture conventionnelle. Pour eux, la fin du contrat intervient à son terme, ou via d'autres modes de rupture comme la démission ou le licenciement.
Cas exclus : qui ne peut pas demander une rupture conventionnelle ?
📌 Important : Certains statuts ou situations spécifiques excluent formellement le recours à la rupture conventionnelle. Ne peuvent pas en faire la demande :
- Les fonctionnaires stagiaires : ils sont dans une période probatoire qui doit être menée à son terme (titularisation ou non-renouvellement) avant d'envisager un départ.
- Les agents ayant atteint l'âge d'ouverture du droit à une pension de retraite à taux plein : la rupture conventionnelle n'est pas un dispositif de pré-retraite. L'agent doit liquider ses droits à la retraite.
- Les fonctionnaires détachés sur un emploi contractuel : leur situation est régie par les règles du détachement. Ils ne peuvent signer une rupture conventionnelle sur leur contrat de détachement.
- Les agents faisant l'objet d'une procédure de licenciement ou de révocation au moment de la demande.
L'essentiel
- La rupture conventionnelle est pérennisée dans les trois versants de la fonction publique depuis la loi de finances 2026.
- La procédure impose un entretien préalable qui doit se tenir au moins 10 jours francs après la demande.
- Un délai de rétractation de 15 jours francs après la signature de la convention est obligatoire pour l'agent et l'administration.
- L'accord de rupture conventionnelle ouvre droit à l'allocation chômage (ARE) versée par France Travail.
- L'administration n'a aucune obligation d'accepter : la rupture conventionnelle reste un accord mutuel et non un droit pour l'agent.
Pour mieux comprendre cette procédure, vous pouvez vous référer aux 8 étapes de la rupture conventionnelle en 2026.
Pour comprendre les détails de ce processus, il est crucial de savoir comment obtenir une rupture conventionnelle dans le secteur public.
Quelle est la procédure pour une rupture conventionnelle dans la fonction publique ?
La procédure de rupture conventionnelle est strictement encadrée pour garantir le libre consentement de l'agent et de l'administration. Elle se déroule en plusieurs étapes séquentielles, avec des délais précis à respecter impérativement sous peine de nullité de la convention. Il est donc crucial de connaître chaque phase du processus. La démarche peut être initiée par l'une ou l'autre des parties, mais ne peut aboutir sans un accord mutuel formalisé. Pour savoir comment formuler votre demande de rupture conventionnelle, une lettre formelle est la première étape.
Étape 1 : la demande écrite (qui peut l'initier ?)
La procédure peut être engagée soit par l'agent, soit par l'administration. L'initiative prend la forme d'une demande écrite. Il est fortement recommandé d'envoyer cette demande par lettre recommandée avec accusé de réception ou de la remettre en main propre contre décharge. Ce document constitue le point de départ officiel de la procédure et fait courir les délais.
La lettre n'a pas à être longuement motivée à ce stade. Elle doit simplement exprimer de manière claire et non équivoque la volonté d'entamer des discussions en vue d'une rupture conventionnelle. La date de réception de ce courrier par l'autre partie est essentielle pour la suite des événements.
Étape 2 : l'entretien préalable : délais à respecter
Une fois la demande réceptionnée, un entretien préalable doit obligatoirement être organisé. Selon le décret, cet entretien doit avoir lieu à une date fixée au moins 10 jours francs et au plus 1 mois après la réception de la demande (source : cdg24.fr, 2026). Le "jour franc" est un délai qui ne tient compte ni du jour de l'événement qui le déclenche, ni du jour de l'échéance.
Durant cet entretien, l'agent peut se faire assister par un conseiller désigné par une organisation syndicale représentative de son choix (art. L552-2 du Code général de la fonction publique). C'est l'occasion de discuter des motifs de la demande, de la date de départ envisagée, et surtout du montant de l'indemnité spécifique de rupture conventionnelle. Plusieurs entretiens peuvent avoir lieu si nécessaire.
Étape 3 : la signature de la convention de rupture
Si les deux parties trouvent un accord, elles formalisent leur décision en signant une convention de rupture. Ce document doit être conforme au modèle fixé par l'arrêté du 6 août 2026. La convention doit impérativement mentionner deux éléments centraux :
- Le montant de l'indemnité spécifique de rupture conventionnelle (ISRC).
- La date de cessation définitive des fonctions de l'agent.
La signature de ce document ne met pas fin immédiatement à la procédure. Elle ouvre une dernière période de réflexion et de protection pour les deux signataires. Chaque partie doit conserver un exemplaire original de la convention signée.
Étape 4 : le délai de rétractation de 15 jours francs
La loi protège le consentement des parties en instaurant un droit de rétractation. Chaque partie dispose d'un délai de 15 jours francs pour revenir sur sa décision. Selon l'arrêté du 6 août 2026, ce délai commence à courir un jour franc après la date de signature de la convention.
Si l'une des parties souhaite se rétracter, elle doit le faire par écrit, via une lettre recommandée avec accusé de réception ou remise en main propre contre décharge, adressée à l'autre signataire. L'exercice de ce droit annule la convention sans qu'il soit nécessaire de fournir une justification. Si personne ne se rétracte, la convention devient définitive à l'issue de ce délai.
Il est important de se familiariser avec le processus complet afin de savoir comment se passe une rupture conventionnelle en 2026 ?.
Quel est le montant de l'indemnité spécifique de rupture conventionnelle ?
L'indemnité spécifique de rupture conventionnelle (ISRC) est le point central de la négociation. Son cadre a été pérennisé par le décret n° 2026-746 du 6 août 2026. Ce n'est pas une prime fixe, mais un montant négocié qui doit respecter un plancher et un plafond définis par les textes réglementaires. Le calcul se base sur l'ancienneté de l'agent et sa rémunération brute annuelle de l'année civile précédant la rupture.
Le montant de l'ISRC est un élément clé de la discussion lors de l'entretien préalable. L'administration dispose d'une marge de manœuvre pour valoriser le départ d'un agent, mais elle ne peut descendre en dessous du minimum légal. Il est donc primordial pour l'agent de bien préparer cette négociation. Pour mieux comprendre ce qui change pour la rupture conventionnelle en 2026 de manière générale, il est utile de se référer aux textes officiels.
Les clauses obligatoires de la convention
La convention de rupture est un document juridique engageant. Selon les informations relayées par des experts juridiques (Village-Justice.com, 2022), elle doit obligatoirement contenir plusieurs clauses pour être valide :
- L'identité des deux parties : l'agent et l'administration employeur.
- La mention de l'accord mutuel pour rompre la relation de travail.
- Le montant brut de l'indemnité spécifique de rupture conventionnelle.
- La date de cessation définitive des fonctions, qui ne peut intervenir avant la fin du délai de rétractation.
- Le rappel du droit de rétractation de 15 jours francs.
L'utilisation des modèles officiels prévus par l'arrêté du 6 août 2026 garantit que toutes ces mentions obligatoires sont bien présentes.
CAS PRATIQUE : simulation indicative pour un fonctionnaire de catégorie B (scénario illustratif)
💡 Le calcul précis de l'indemnité dépend de décrets d'application. À titre purement illustratif, et sans valeur contractuelle, voici une simulation basée sur les règles souvent observées, similaires à celles du secteur privé.
Prenons le cas d'un technicien territorial (catégorie B) avec 15 ans d'ancienneté et une rémunération brute annuelle de référence de 30 000 € (soit 2 500 €/mois). Le calcul plancher de son indemnité pourrait suivre les paliers suivants :
- Pour les 10 premières années : 1/4 de mois de salaire par année. Soit (2 500 € / 4) * 10 = 6 250 €.
- Pour les 5 années suivantes (de 11 à 15 ans) : 1/3 de mois de salaire par année. Soit (2 500 € / 3) * 5 = 4 166,67 €.
- Total de l'indemnité plancher indicative : 6 250 € + 4 166,67 € = 10 416,67 €.
Ce montant est un minimum. L'administration et l'agent peuvent négocier une somme supérieure, dans la limite d'un plafond fixé par les textes. Ce calcul est un exemple et ne se substitue pas à une simulation réalisée par le service RH de l'administration.
Régime fiscal et social de l'indemnité
L'indemnité spécifique de rupture conventionnelle bénéficie d'un régime fiscal et social avantageux, aligné sur celui du secteur privé. En règle générale, la part de l'indemnité qui ne dépasse pas le montant minimum légal ou conventionnel est exonérée d'impôt sur le revenu et de cotisations sociales (CSG/CRDS), dans la limite de certains plafonds.
Toutefois, la fraction de l'indemnité qui dépasse ces seuils peut être soumise à l'impôt et aux cotisations. Il est impératif de se renseigner précisément sur les plafonds d'exonération en vigueur l'année de la perception de l'indemnité. Une consultation auprès du service des impôts ou d'un conseil juridique peut s'avérer utile pour anticiper l'impact fiscal de cette somme.
Rupture conventionnelle dans la fonction publique : les droits après la rupture
La rupture du lien avec la fonction publique n'est pas un saut dans le vide. La rupture conventionnelle est précisément conçue pour offrir un filet de sécurité à l'agent partant, lui permettant de construire un nouveau projet professionnel avec un soutien financier et le maintien de certains droits sociaux. Il est essentiel de bien connaître ces droits pour organiser sa transition dans les meilleures conditions. Le principal avantage par rapport à une démission réside dans l'accès aux allocations chômage.
Droit à l'allocation chômage (ARE) après une rupture conventionnelle
C'est l'un des bénéfices majeurs du dispositif : la rupture conventionnelle est considérée par France Travail (anciennement Pôle emploi) comme une privation involontaire d'emploi. À ce titre, elle ouvre droit, sous réserve de remplir les autres conditions (durée d'affiliation notamment), au versement de l'Allocation d'Aide au Retour à l'Emploi (ARE).
L'agent devra s'inscrire comme demandeur d'emploi auprès de France Travail dès la fin de son contrat. Le versement des allocations ne sera pas immédiat. Un différé d'indemnisation est appliqué, correspondant aux congés payés non pris, ainsi qu'un éventuel différé spécifique lié au montant de l'indemnité supra-légale perçue.
L'accès à l'assurance chômage est un atout majeur du dispositif, et il est crucial de connaître ses droits au chômage après une rupture conventionnelle en 2026.
Impact sur les droits à la retraite
La date de radiation des cadres marque la fin de l'acquisition de nouveaux droits à la retraite au titre du régime de la fonction publique. Les droits déjà constitués tout au long de la carrière sont, bien entendu, conservés. Ils seront liquidés au moment de l'âge légal de départ à la retraite.
La période de chômage indemnisée qui suit la rupture conventionnelle peut, sous certaines conditions, permettre de valider des trimestres pour la retraite du régime général, mais elle ne génère pas de points de retraite complémentaire. Il est conseillé de faire un point sur sa situation et ses droits acquis avant d'acter la rupture, en demandant un relevé de carrière.
Les erreurs courantes qui font échouer ou annuler une rupture conventionnelle
Bien que la procédure soit balisée, plusieurs erreurs peuvent la faire échouer ou entraîner son annulation par le juge administratif. L'enjeu est de taille, car une convention annulée peut avoir des conséquences complexes, comme l'obligation pour l'agent de rembourser l'indemnité perçue. Connaître les pièges les plus courants est la meilleure façon de les éviter et de sécuriser son départ. Les contentieux sont rares, mais ils portent souvent sur des points fondamentaux de la procédure.
Piège n° 1 : confondre droit et simple possibilité de rupture conventionnelle
L'erreur la plus fréquente est de croire que la rupture conventionnelle est un droit. En réalité, il s'agit d'une simple faculté, un accord qui nécessite le consentement des deux parties. L'administration n'a aucune obligation d'accepter une demande formulée par un agent. Comme le rappelle la CFDT UFFA (2026), ce n'est qu'une "possibilité".
L'employeur public peut refuser pour des raisons liées aux nécessités de service (difficulté à remplacer l'agent, compétence jugée essentielle) ou pour des raisons budgétaires. L'agent doit donc préparer un argumentaire pour savoir comment convaincre l'administration d'accepter une rupture conventionnelle. Présenter un projet professionnel solide et bien défini peut aider à emporter la décision.
Piège n° 2 : ne pas respecter les délais réglementaires
La procédure est rythmée par des délais stricts, notamment le délai d'au moins 10 jours francs avant l'entretien et le délai de rétractation de 15 jours francs après la signature. Le non-respect de ces délais peut être une cause d'annulation de la convention par le tribunal administratif.
Il est de la responsabilité des deux parties de veiller à leur respect. L'agent doit donc être vigilant sur les dates proposées par l'administration et ne pas hésiter à demander un report si un délai n'est pas respecté. Conserver une trace écrite de tous les échanges (convocations, accusés de réception) est une précaution indispensable.
Piège n° 3 : signer sous pression : risque d'annulation pour vice du consentement
Le fondement de la rupture conventionnelle est le commun accord, libre et éclairé. Si un agent signe la convention sous la contrainte, la menace ou la pression psychologique, son consentement est vicié. Ce "vice du consentement" est un motif d'annulation de la convention.
Bien que les contentieux soient rares, c'est un point que le juge administratif examine avec attention, comme le souligne une analyse de Dalloz Actualité (2026). Si un agent s'estime victime de telles pressions, il doit réunir des preuves (témoignages, courriels) pour pouvoir contester la validité de l'accord devant la juridiction administrative. Se faire assister par un conseiller syndical pendant la procédure est une protection efficace contre ce risque.
Rupture conventionnelle dans la fonction publique territoriale : particularités en 2026
La Fonction Publique Territoriale (FPT) regroupe les agents des communes, départements, régions et de leurs établissements publics. Si le cadre général de la rupture conventionnelle est le même pour tous, la FPT présente des spécificités liées à son organisation décentralisée. Comprendre ces particularités est essentiel pour les agents territoriaux qui souhaitent engager cette démarche. L'interlocuteur principal n'est pas un ministère, mais une autorité élue.
Le guide complet relatif à la rupture conventionnelle dans la fonction publique précise les règles communes, mais les agents de la FPT doivent aussi connaître le rôle des acteurs locaux.
Le rôle de l'autorité territoriale et du Centre de Gestion (CDG)
Dans la FPT, la décision de conclure une rupture conventionnelle appartient à l'autorité territoriale. Il s'agit du maire pour une commune, du président du conseil départemental ou régional, ou du président d'un établissement public de coopération intercommunale (EPCI). C'est avec cette autorité que l'agent négocie les termes de son départ.
Le Centre de Gestion (CDG) de chaque département joue également un rôle important, surtout pour les petites et moyennes collectivités qui lui sont affiliées. Le CDG peut apporter un appui technique et juridique à l'autorité territoriale dans la conduite de la procédure, vérifier la conformité des actes et même, dans certains cas, gérer administrativement le dossier pour le compte de la collectivité. L'agent peut donc être en contact avec des interlocuteurs du CDG durant sa démarche.
Procédure identique, acteurs différents : tableau récapitulatif FPE / FPT / FPH
Bien que les étapes de la procédure (demande, entretien, signature, rétractation) soient identiques dans les trois versants, les acteurs décisionnaires changent.
| Versant de la Fonction Publique | Acteur Décisionnaire Principal | Instance de conseil / Gestion |
|---|---|---|
| Fonction Publique d'État (FPE) | Directeur d'administration, Chef de service | Direction des Ressources Humaines |
| Fonction Publique Territoriale (FPT) | Autorité territoriale (Maire, Président) | Centre de Gestion (CDG) |
| Fonction Publique Hospitalière (FPH) | Directeur de l'établissement | Direction des Ressources Humaines |
Ce tableau met en lumière la nécessité pour l'agent d'identifier le bon interlocuteur dès le début de sa démarche. Pour un agent territorial, la discussion se mènera directement avec l'exécutif local ou son représentant. Vous pouvez retrouver plus de détails sur la rupture conventionnelle dans la fonction publique territoriale en 2026.
Que faire si l'administration refuse votre demande de rupture conventionnelle ?
Recevoir une réponse négative de son administration suite à une demande de rupture conventionnelle est une possibilité réelle. Comme rappelé précédemment, ce dispositif repose sur le volontariat et le commun accord. L'administration est en droit de refuser, souvent pour des motifs liés à la continuité du service public. Face à un refus, l'agent n'est cependant pas démuni et dispose de plusieurs options, allant du recours à la recherche d'alternatives pour concrétiser son projet de départ. Il est important de ne pas considérer ce refus comme une impasse définitive.
Les recours possibles face au refus de l'administration
Un refus de rupture conventionnelle est une décision administrative. À ce titre, elle peut faire l'objet de recours.
- Le recours gracieux ou hiérarchique : L'agent peut adresser un courrier à l'auteur de la décision (recours gracieux) ou à son supérieur hiérarchique (recours hiérarchique), en lui demandant de revoir sa position. Il convient d'argumenter sa demande, en insistant sur la solidité de son projet professionnel.
- La médiation : Il est possible de saisir le médiateur compétent pour tenter de trouver une solution amiable et de renouer le dialogue avec l'administration.
- Le recours contentieux : En dernier ressort, l'agent peut contester la légalité du refus devant le tribunal administratif. Attention, le juge ne forcera pas l'administration à accepter la rupture, mais il peut annuler le refus s'il est entaché d'une erreur de droit ou d'une erreur manifeste d'appréciation. Les chances de succès sont limitées si le refus est correctement motivé par l'intérêt du service.
Les alternatives à la rupture conventionnelle pour quitter la fonction publique
Si les recours n'aboutissent pas ou si l'agent ne souhaite pas s'engager dans une procédure longue, d'autres voies existent pour quitter la fonction publique.
- La démission : C'est la solution la plus simple, mais elle a un inconvénient majeur : elle ne donne, en principe, pas droit aux allocations chômage, sauf dans quelques cas très spécifiques de démission légitime.
- La disponibilité pour convenances personnelles : Elle permet de suspendre son contrat pour une période donnée (généralement 5 ans maximum sur l'ensemble de la carrière) pour exercer une autre activité. L'agent n'est plus rémunéré mais ne rompt pas définitivement le lien avec la fonction publique et peut demander sa réintégration à l'issue de la période.
- Le congé pour création d'entreprise : Pour les agents ayant un projet entrepreneurial, ce congé permet de se consacrer à son projet tout en conservant la possibilité de réintégrer son administration en cas d'échec.
Sources
- legifrance.gouv.fr
- legifrance.gouv.fr
- legifrance.gouv.fr
- legifrance.gouv.fr
- legifrance.gouv.fr
- village-justice.com
- dalloz-actualite.fr
Ces éléments sont d'ordre général et ne sauraient remplacer une consultation juridique. Pour un cas précis, adressez-vous à un avocat ou à un professionnel du droit.
Questions pratiques
Quelle est la procédure pour une rupture conventionnelle dans la fonction publique ?
La procédure se déroule en cinq étapes : 1) Demande écrite par l'agent ou l'administration. 2) Entretien préalable obligatoire, fixé entre 10 jours et 1 mois après la demande. 3) Signature de la convention. 4) Délai de rétractation de 15 jours francs pour chaque partie. 5) Radiation des cadres à la date convenue.
Quel est le montant de la prime de rupture conventionnelle pour un fonctionnaire ?
Le montant de l'indemnité spécifique de rupture conventionnelle (ISRC) est négocié entre l'agent et son administration. Il ne peut être inférieur à un montant plancher calculé selon l'ancienneté et la rémunération brute annuelle, ni dépasser un plafond. Le calcul exact est précisé par décret.
Comment quitter la fonction publique sans perdre ses droits ?
La rupture conventionnelle est une solution avantageuse. Contrairement à une démission, elle donne droit à l'allocation d'aide au retour à l'emploi (ARE) versée par France Travail. Les droits à la retraite déjà acquis sont conservés et la période de chômage indemnisé peut permettre de valider des trimestres sous conditions.
Quelle est la date limite pour la rupture conventionnelle dans la fonction publique ?
Avec la loi de finances pour 2026, il n'y a plus de date limite. Le dispositif de rupture conventionnelle, auparavant expérimental jusqu'au 31 décembre 2025, est désormais pérennisé pour les fonctionnaires et agents contractuels en CDI. Il est donc possible d'en faire la demande à tout moment.
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